Entre les GM I et II

 

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Les évènements entre les deux guerres mondiales

L’importance de l’influence de la maîtrise de l’air sur les combats des troupes terrestres fut démontrée, pour la première fois dans l’histoire de la guerre, en 1915 déjà. A la bataille de la Somme, les Alliés lancèrent pour la première fois le 24 juin 1916, des forces aériennes considérables dans le combat. Les attaques au sol furent encore répétées avec plus de violence lors de la bataille des Flandres en 1917. Depuis lors, de nombreux stratèges ont la certitude qu’un combat important est impensable sans troupes d’aviation, et que de la suprématie aérienne dépend la conquête de la supériorité sur terre.

Les études, essais et constructions entrepris sont poursuivis sans interruption après la première guerre mondiale. Il n’est plus question d’abandonner l’artillerie anti-aérienne que tous les pays  belligérants développent fiévreusement.

1923

Le Service de l’état-major général commence sérieusement l’étude des problèmes de défense contre avions. La priorité est accordée à l’un des problèmes majeurs reconnus, la création d’un Service de repérage et de signalisation d’avions. On étudie aussi des mesures de défense passive. A côté du camouflage, on envisage des câbles suspendus, sous tension électrique, des ballons de barrage et des cerfs-volants.

 

Concernant la création d’une DCA active, les idées divergent considérablement. Il y a trois groupes d’intérêts, l’aviation, l’artillerie et l’infanterie.

 
  • Les aviateurs pensent que seuls nos avions de chasse sont à même de mener avec succès la défense contre une aviation ennemie. A cet effet, notre aviation qui se compose à l’époque de 9 Fokker  (dont 7 en état de vol), 6 Henriots et 14 pilotes disponibles, doit être renforcée massivement.

  • Les artilleurs, par contre, recommandent le tir contre avions avec des canons. Ils veulent libérer 44 pièces pour les transformer en vue de leur engagement contre des buts aériens. Cependant, comme on ne croît guère à une efficacité suffisante, on propose l’acquisition de canons de DCA, modernes et « authentiques », ainsi que de projecteur afin d’augmenter le degré d’efficacité, également la nuit.

  • L’infanterie soutient que la seule arme efficace contre des avions est la mitrailleuse. Elle demande la fabrication urgente d’une munition appropriée  (projectiles avec traceur), ainsi que celle d’un affût adéquat, lequel est déjà en cours d’essai au commandement des écoles de tir.

1925

Convocation d’une conférence traitant de la défense anti-aérienne, sous la présidence du chef de l’état-major général et en présence des chefs d’arme de l’artillerie, du génie, du chef du Service technique du matériel et du directeur des places d’aviation.

Cette conférence esquisse l’organisation suivante de la défense contre avions (DCA) :

 

 

1927

Pour la première fois, des recrues de DCA sont instruites dans l’armée suisse. A cet effet, le Département militaire fédéral ordonne le prélèvement annuel de 20 à 25 hommes du contingent recruté pour l’artillerie de forteresse. Ils seront instruits en qualité de canonniers de DCA. L’instruction se déroule au Monte Ceneri avec 4 canons provenant du dépôt de Seewen SZ.

 

Le développement des troupes d’aviation et de défense contre avions est marqué par les progrès techniques fulgurants dans tous les domaines et par l’augmentation fièvreuse des effectifs dans les pays voisins. On constate aussi que les nombreuses tâches liées à la mise en place et au développement ne pourront pas continuer longtemps sans un Service indépendant.

1935

Dans une proposition remise au Département militaire fédéral, la société suisse des officiers soulève la question d’une DCA efficace. Le DMF charge le service de l’état-major général d’étudier tous les aspects de cette question. Dans son mémoire, le col EMG H. Bandi relève les difficultés de la protection aérienne active et passive. En considérant l’arme aérienne et la défense au sol, il apprécie les possibilités et les moyens de la protection aérienne. Il émet des exigences pour l’acquisition des futurs moyens de défense aérienne et exprime sa conviction sur la nécessité de confier à une direction centrale les responsabilités et les compétences pour créer et développer notre protection aérienne.  

1936

Le 19 octobre, le Département militaire fédéral décrète l’organisation du « Service de l’aviation et de la protection aérienne active ».

Le col EMG Bandi, jusqu’alors commandant de la place d’aviation de Dübendorf, est nommé chef du Service de l’aviation et de la protection aérienne active et, parallèlement, commandant et chef d’armes des troupes d’aviation et de DCA. On peut penser que son mémoire a été déterminant dans ce choix.

L’existence d’un service de la protection aérienne passive crée la confusion. Le 10 novembre, le DMF décide de modifier l’appellation du « Service de l’aviation et de la protection aérienne active » en celle qui nous est plus familière de « Service de l’aviation et de la défense contre avions », en abrégé : SADCA.

Sous la menace du temps de pré- alerte devenu dangereusement court, le Conseil fédéral rédige son message «  Renforcement de la défense nationale et introduction d’une nouvelle organisation des troupes ». Celui-ci franchit en une semaine tous les obstacles du Parlement qui accepte des crédits cadres pour un montant total de 265 millions de francs.

48,2 millions sont prévus pour la constitution de la « Défense au sol » (DCA). Par la suite, le montant sera même porté à 62 millions de francs.  

 

Commandée par le colonel Ernst von Schmid, la première école de recrues de DCA se déroule en octobre 1936, à Kloten.

  • Elle compte 3 officiers et 49 sous-officiers et recrues

  • Armes et appareils:

    • 4 canons de DCA de 7,5 cm „Vickers“

    • 1 appareil directeur américain « Sperry »

    • 1 télémètre de 3 m de base « Barr and Stroud »

    • 4 canons de DCA de 20 mm « Oerlikon »

    • 1 projecteur de DCA “ Siemens”

    • 1 appareil d’écoute “Elascop”

Les règlements n’existent pas. Les cadres voient le matériel pour la première fois en même temps que les recrues. Malgré ces conditions difficiles, l’instruction aux appareils et aux pièces est en définitive suffisante pour que lors de la première dislocation de tir DCA, à Montana-Crans, on puisse tirer sur un sac remorqué par un Fokker CV.

1937

En 1937 l’axe Berlin – Rome est une réalité politique. Nos autorités reconnaissent l’évolution menaçante pour notre pays situé entre deux dictatures. La croissance du danger de guerre conduit à d’âpres débats autour du renforcement de la défense nationale. 

 

Les crédits d’armement décidés les années précédentes provoquent des controverses au sujet du genre de matériel à acquérir.

  •  8 canons DCA 20 mm « Oerlikon » sont commandés en juin

 
 

Can DCA 38 Oerlikon avec appui d’épaule. Non convaincant, celui-ci sera abandonné par la suite.)

Canon DCA 20 mm 37 Oerlikon

Canon DCA 20 mm 37 Oerlikon en position de route

 
  • Évoquant des manquements techniques, une faible efficacité et un calibre trop petit, le service technique militaire (STM, aujourd’hui ArmaSuisse) combat la proposition du Chef d’arme de commander 28 canons 2o mm du même type pour le prix de 1'434'000.- francs.

  • Conduite par le Chef de l’état-major général, en présence du Chef du DMF, une conférence conclut qu’une DCA légère de calibre d’environ 20 mm est nécessaire.

  • Apparemment le STM veut mettre en avant le canon de 34 mm qu’il a développé. De son côté, la commission constate que ce canon est trop lourd et manque de mobilité pour certains engagements. Un tableau, établi par le SADCA, montre que de nombreux pays et possèdent déjà un nombre impressionnant de canons DCA 20 mm.

   

Canon DCA 34 mm W+F 38

 

Dès cette année, 2 écoles de recrues de DCA se déroulent chaque année. Les 3 compagnies d’aérostiers ainsi que les 4 détachements d’artillerie de forteresse seront instruits au  canon DCA 20 mm et organisés en détachements DCA.   

1938

En mars, le Conseil fédéral décide l’acquisition des 28 canons DCA 20 mm Oerlikon proposés par le Chef d’arme des troupes d’aviation et de DCA. La livraison a lieu de mi-juin au 17 novembre.

On commande maintenant aussi des canons DCA de 7,5 cm avec appareils directeurs. Malgré la résistance du Chef d’arme, le STM parvient aussi à s’imposer et  pas moins de 60 canons DCA 34 mm seront commandés jusqu’à la fin de l’année.

La fabrique fédérale d’armes (W+F) a aussi développé un canon DCA de 2o mm et doit livrer une première tranche en automne. Suite à des retards, les trois premiers canons DCA 20 mm W+F 38 sont remis, au début d’octobre, à l’ER DCA II pour effectuer des essais. 

Canon DCA 20 mm 38 W+F à l’engagement (ici, dans les années 70, au service en campagne de l’ER DCA 46 / 246)

 

Pour leur propre protection aérienne active, plusieurs cantons, villes ou entreprises industrielles s’intéressent à l’acquisition d’armes de DCA. L’engagement de la DCA locale, financée par des instances civiles n’est pas définitivement réglé au début de la 2ème guerre mondiale. Ce n’est qu’en décembre que le Conseil fédéral émet une ordonnance réglant les tâches, l’organisation et les compétences de la « DCA locale ».

1939

Il apparaît que les crédits alloués en 1936 n’ont pas été épuisés. A la fin de l’année, l’effectif des armes est le suivant :

  • DCA L 

    • 131 canons DCA 20 mm “Oerlikon”

  • DCA ld

    • 23 canons DCA 7,5 cm, modèle „Schneider“

    • 4 canons DCA 7,5 cm, modèle „Vickers“

 

Le succès au but dépendant essentiellement du respect d’une distance de tir correcte, le colonel von Schmid,  premier commandant des ER DCA, propose au printemps, l’acquisition de télémètres. Le télémètre stéréoscopique de 1,25 m de base, de la maison Zeiss à Jena paraît adapté aux besoins de la DCA L. Dix jours plus tard, le Service technique militaire, STM, accepte la requête et commande 20 télémètres stéréoscopiques Zeiss, avec échelle de mesure fixe de 250 à 20'000 m, grossissement 12 fois. La pièce revient à Fr. 4'345.- 

 

Au printemps 1938, lors de son cours de tir, l’ER DCA I reçoit la visite d’un hôte illustre, le chef de l’état-major de l’inspection de l’artillerie antiaérienne allemande près le ministère de l’air impérial. Pendant un jour, il suit les exercices de tir de tous les calibres. Une visite de cette Stereo-Telemeter Basis 1.25 m importance justifie que l’ont combatte le but remorqué non pas coup par coup, mais par des séries de guerre des unités de feu. La démonstration commence par le tir de la section DCA 20 mm qui étonne l’hôte en descendant le sac au 2ème passage. Ainsi, dès le début de la journée, les attentes sont élevées. La chance sourit aussi à la DCA 34 mm qui descend le sac au premier passage déjà. Suite à des ratés le jour précédent, l’appareil directeur des canons de 7,5 cm a été démonté pendant la nuit, remonté à l’envers, remis en ordre et apporté sur la place de tir. La météo se dégradant rapidement, il faut tirer sans procéder aux contrôles d’usage. La chance sourit également aux recrues de 7,5 cm qui descendent le sac avec la 4ème salve du premier passage. Le visiteur est profondément impressionné par ces excellentes prestations.

 

Deux jours plus tard, le visiteur secoue la tête d’incompréhension, lorsqu’ilPferdetransport der 20 mm Flab Kan im Gebirge assiste aux conséquences de la motorisation catastrophique des troupes de DCA suisses. Tout le long de la route de Zuoz à Kloten, il trouve des véhicules en panne au bord de la route avec canons et appareils. Les camions « Berna » de l’année 1920  attribués sont très insuffisants. Pour actionner le changement de vitesse coulissant à l’extérieur de la cabine, on a recours à un marteau de maçon fixé à une ficelle.  Illustration : transport hippomobile d’un canon DCA 20 mm en montagne.

 

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Last Update: 04.11.2011